Un bateau historique
Un peu d'histoire...
Le Général
Weygand déclare, le 2 juillet 1939 :
« L’armée
française est bien mieux équipée que jamais auparavant
dans notre histoire.
Elle possède
du matériel de la plus haute qualité, des fortifications
de premier ordre, un moral excellent et un haut commandement remarquable.
Personne dans
notre pays ne désire la guerre, mais si nous sommes obligés
d’emporter une nouvelle victoire, nous l’emporterons ».
Le
premier septembre 1939 à l’aube ,
les troupes allemandes envahissent la Pologne.
Le gouvernement
français, quelques heures après le gouvernement britannique,
notifie déclare
«
l’état de guerre se trouve exister entre la France et l’Allemagne
à dater du 3 septembre 1939 à 17 heures. »
La
« drôle de guerre » s’installe jusqu’au 10 mai 40 où
l’Allemagne déclenche son offensive.
La veille, le Général
de Gaulle - nommé le 6 juin sous-secrétaire d’Etat à
la Défense Nationale - a traversé la Manche porteur d’un
message destiné à Churchill qui prônait la mise en
commun des forces françaises et britanniques contre l’Allemagne.
Le
10 juin, l’Italie déclare la guerre à la France.
Le 14 juin, de
Gaulle effectue la traversée Brest-Plymouth sur le contre-torpilleur
« Milan » pour rencontrer de nouveau les Britanniques.
A son arrivée,
le 16 juin, il apprend que l’esprit d’abandon progresse rapidement
au sein du gouvernement replié à Bordeaux.
Il prend l’avion
et arrive le soir même en Aquitaine.
Le Président
du Conseil vient de démissionner et M. Lebrun, Président
de la République, a chargé le Maréchal Pétain
de former le nouveau gouvernement.
Déclaration
de Pétain du 17 juin :
« C’est le
cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat...
».
Le
17 juin, à 9 heures, - avec 100 000 F prélevés sur
les fonds secrets - de Gaulle s’envole pour Londres en compagnie du général
Spears et du lieutenant de Courcel.
Le 18 juin, Churchill
lui confie le micro de la BBC, le Général de Gaulle appelle
tous les français à la Résistance.
L'appel du 18 Juin

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"Les
chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête
des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant
la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi
pour cesser le combat.
Certes, nous avons
été, nous sommes, submergés par la force mécanique,
terrestre et aérienne, de l’ennemi.
Infiniment plus que
leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui
nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands
qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils
en sont aujourd’hui . |
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Mais
le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître
?La défaite est-elle définitive?
Non
!
Croyez-moi,
moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dit que rien n’est
perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent
faire venir un jour la victoire.
Car la France n’est
pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste
Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire Britannique
qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser
sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.
Cette
guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays.
Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette
guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes
les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers, yous les
moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés
aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir
par ne force mécanique supérieure. Le destin du monde est
là.
Moi,
Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite
les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire
britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou
sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes
des industries d ‘armement qui se trouvent en territoire britannique ou
qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec
moi.
Quoi
qu’il arrive, la flamme de la Résistance Française ne doit
pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.
Demain,
comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres."
GENERAL DE GAULLE
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Un acte de résistance
Le 19 juin 1940, ayant
entendu l'Appel de De Gaulle, le Lieutenant Dupont réquisitionne
Ar Zénith et ordonne à son équipage
de prendre la direction
de l'Angleterre pour rejoindre le Général de Gaulle.
Voici un extrait de
son livre de bord :
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Mardi
18 Juin 194O
"Je
reviens à Lamballe à 17 Heures, avec un convoi de munitions,
au moment où les Allemands y arrivent. Spectacle écoeurant
de soldats et d'officiers qui se sont désarmés et qui "attendent
les boches". Je suis obligé de me battre à coups de casque
contre des Français pour ne pas rester prisonnier...
Mercredi 19 Juin
1940
J'arrive
à Brest à 4 Heures du matin. Pas de trace de ma division..
A Douarnenez,
toujours pas de trace du Général BETHOUARD. On m'envoie à
Audierne . Personne. Ecoeuré, je passe en consigne, au Commissaire
Maritime, mélénites et munitions pour qu'elles soient immergées
à la marée. Je fais sauter les amorces.
A 13
Heures, je m'embarque sur le petit bateau courrier "Ar Zenith". Vers 15
Heures, arrivée à l'ile de Sein. J'envoie une lettre à
Maman. Départ à 2O heures pour Ouessant.
Jeudi 20 Juin
1940
Vers
3 Heures du matin, arrivée en rade d'Ouessant. Nous en repartons
vers 4 Heures pour Plymouth.Traversée pénible sur notre petite
coque de noix ; pour tout instrument de navigation : un compas." |
Le Lieutenant Dupont
est mort le 24 Août 1944, lors de la libération de Paris,
au cours des opérations
menées contre la prison de Fresnes.
Il fut Médaillé
de la résistance.
L’armistice
franco-allemand sera signée le 22 juin, à Rethondes, dans
le wagon-musée de l’armistice de novembre 1918.
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